Climatologie de nos régions

  

Présentation climatologique du Sud-Ouest

 

 

Le Sud-Ouest de la France, situé en grande partie sous le 45ème parallèle, connaît un climat à dominante océanique que l'on peut qualifier de « doux », en comparaison des climats du reste de la zone tempérée. Les températures moyennes annuelles (1981-2010) en plaine évoluent en effet de 12,6° sur l'intérieur du piémont pyrénéen à plus de 14° sur le littoral aquitain et l'extrême Sud-Ouest. En été la zone la plus chaude concerne la vallée de la Garonne, surtout la plaine toulousaine et la zone la plus fraîche concerne le piémont pyrénéen. En hiver la zone la plus douce correspond logiquement au littoral et la zone la plus froide à l'est et au nord-est de la région, plus continentalisés. Ce dégradé hivernal correspond également à celui des amplitudes thermiques annuelles qui augmentent à mesure qu'on s'enfonce dans les terres.

Bien que toute la région soit concernée par des régimes de temps à dominante océanique, les précipitations sont très contrastées. Si de manière logique elles diminuent à mesure qu'on s'éloigne vers l'est (à l'exception de la bande littorale moins humide), elles sont également beaucoup plus abondantes dans le sud de la région près de la barrière pyrénéenne. Ainsi la zone la plus arrosée est l'extrême sud-ouest qui subit le double effet de la proximité de l'océan et du blocage orographique sur les Pyrénées. Les cumuls annuels évoluent d'à peine plus de 600 mm sur la plaine toulousaine à environ 1500 mm sur la côte basque, soit 2,5 fois plus.

En été les écarts géographiques s'amenuisent, toute la région connaissant sa période la plus sèche de l'année, que l'on ne peut qualifier pour autant de saison sèche étant donné la survenue de pluies restant assez régulières, le plus souvent sous forme d'orages.

En automne et en hiver l'ouest de la région connaît un maximum de précipitations marqué alors que l'intérieur a une répartition beaucoup plus homogène sur l'année.

La particularité du sud-ouest réside dans un maximum printanier, de plus en plus marqué à mesure qu'on s'approche des Pyrénées, celui-ci correspondant aux conflits de masse d'air entre les premières remontées chaudes émanant de la péninsule ibérique et l'air frais encore en place sur le reste de la France.

La répartition de l'ensoleillement va à contre-sens d'un logique dégradé Nord-Sud présent ailleurs en France puisque le nord du sud-ouest est plus ensoleillé que le piémont pyrénéen. Ce dégradé inversé est particulièrement marqué sur l'ouest de la région puisque les cumuls annuels évoluent de moins de 1900 h sur les Pyrénées-Atlantiques à plus de 2200 h sur les littoraux charentais et girondins.

En hiver le littoral et les Pyrénées bénéficient d'un bon ensoleillement alors que les plaines de l'intérieur sont plus souvent soumises à une nébulosité plus tenace et aux brouillards.

En été le littoral continue de bénéficier plus largement du soleil alors que l'est de la région bénéficie favorablement d'influences plus ou moins marquées de la zone méditerranéenne. A contrario le piémont pyrénéen se retrouve être une des zones les moins ensoleillées de France, à la fois en raison de la survenue d'orages plus fréquents et d'entrées maritimes qui se bloquent sur les Pyrénées.

 

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De ces différences et subtilités que laissent apparaître les explications et cartes ci-dessus, peut résulter un zonage climatique qui tente de distinguer plusieurs sous-régions ayant des caractéristiques assez similaires, même s'il peut encore exister des disparités très locales que l'on peut qualifier de micro-climats, mais qui ne sont pas cartographiables tant l'échelle ne le permet pas.

  

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1/ Ouest Aquitaine :

Cette zone comprend le littoral et l'intérieur immédiat qui s'étend à peu près jusqu'à la Garonne. L'influence océanique y est nettement dominante et surtout sensible, ceci se reflétant à la fois sur la pluviométrie et sur les températures qui bénéficient d'une certaine inertie thermique à la faveur de l'océan proche.

Sur les Charentes cette influence ne concerne véritablement que la bande littorale, l'intérieur pouvant plus facilement être froid l'hiver. En Gironde la limite correspond grossièrement à la Garonne, ce qui coupe le département en deux parties à peu près égales, car les coteaux assez abrupts de la rive droite marque une coupure topographique assez nette avec le relief linéaire qui caractérise la rive gauche. Dans les Landes l'influence atlantique a tendance a progresser davantage dans l'intérieur, concernant ainsi la quasi-totalité du département. Le Pays Basque quant à lui, mêle cette influence océanique incontestable avec un régime de piémont (pyrénéen).

Les températures sont douces l'hiver (surtout sur la bande littorale) et plutôt tempérées en saison chaude (on ne peut les qualifier de « fraîches » pour autant), même si la zone forestière possède un régime particulier du fait des sols sableux : fortes amplitudes thermiques sur une journée par beau temps, chaleur vite intense l'été...

Évidemment les amplitudes thermiques augmentent en rentrant dans les terres, que ce soit sur une journée ou sur l'année en moyenne, mais lorsque le régime océanique se met en place on retrouve une grande homogénéité au sein de toute cette zone.

C'est sûrement dans cette zone que la pluviométrie est la plus hétérogène. Déjà par un dégradé nord/sud très important (plus du simple au double) et aussi par un effet différent de l'influence océanique en fonction de la proximité de l'océan. C'est ainsi qu'en région océanique l'optimum pluviométrique est atteint dans les 30 premiers km à l'intérieur des terres et non sur le littoral. Passés cette « bande humide » la pluviométrie décroit progressivement vers l'est. Par exemple en Gironde il pleut environ 750 à 800 mm sur le littoral, puis un peu plus de 1000 mm dans l'intérieur forestier pour retomber à environ 900 mm sur le Bordelais. Au Pays Basque le maximum est atteint sur les premiers contreforts des Pyrénées qui approchent les 2000 mm à assez basse altitude alors qu'il pleut environ 1500 mm à Biarritz (station quelques km dans les terres) et encore un peu moins sur la bande littorale.

Au niveau de la répartition saisonnière cette zone connaît un régime océanique typique avec un minimum estival assez marqué – bien que les cumuls restent relativement conséquents du fait des orages fréquents – et un maximum automnal et de début d'hiver (les mois d'octobre à décembre sont généralement autour ou au-dessus de 100 mm chacun sur l'essentiel de la zone). Bien qu'il existe un maximum printanier comme ailleurs dans le sud-ouest, celui-ci est bien moindre que le maximum automnal.

L'ensoleillement est très important sur les littoraux charentais et girondin et diminue nettement en allant vers le sud en raison du blocage des perturbations et d'entrées maritimes plus fréquentes. Alors qu'on enregistre autour de 2200 à 2300 h entre La Rochelle et le Bassin d'Arcachon, les 1900 h sont à peine atteintes sur la côte basque. Dans l'intérieur même immédiat des terres l'ensoleillement décline vite – la bande littorale étant largement privilégiée et devient plus homogène, d'un peu plus de 2000 h sur le nord de la région à environ 1900 h plus au sud.

2/ Pyrénées et son piémont :

Cette zone correspond à un régime assez particulier du fait de son relief et de son orientation plein nord.

Les températures restent douces en toute saison sur le piémont et décroît logiquement avec l'altitude. Les étés sont tempérés et les hivers relativement doux bien que le froid et donc la neige y soient assez réguliers, celle-ci tombant souvent par phénomène d'isothermie (neige issue régime instable qui conduit à un rafraîchissement rapide sous des précipitations intenses, la pluie se transformant en grésil puis en neige ou neige roulée). Le fait d'être situé sur le versant nord des Pyrénées confère à la région des remontées chaudes souvent intenses issues d'Espagne. Par effet de foehn, l'air se réchauffe et s'assèche très largement et rapidement en redescendant du côté français. Ceci peut se produire en toutes saisons mais préférentiellement durant l'automne et le début d'hiver. C'est ainsi qu'on peut y obtenir des nuits tropicales (>20°) en saison froide alors qu'elles restent normalement rares même en plein été. Ce phénomène est accompagné d'un vent de sud fort, voire tempétueux.

La pluviométrie est importante sur toute la zone bien qu'elle décroît à mesure qu'on s'avance vers l'est, diminution de l'influence océanique oblige. La situation en versant nord a ici toute son importance puisque les perturbations (et traînes associées) arrivant en flux de nord ou nord-ouest se bloquent sur la chaîne montagneuse et entraînent des précipitations modérées, voire copieuses et durables. Les totaux annuels dépassent 2000 mm au-delà de 500 m d'altitude sur le Pays Basque et sont moins importants plus à l'est. Sur le piémont à basse altitude (<500 m) les précipitations évoluent généralement autour de 1000 à 1100 mm. A noter que les précipitations printanières sont très marquées, constituant un des trais principaux de ce climat.

L'ensoleillement est plutôt faible pour la latitude méridionale, ceci étant dû aux blocages exposés auparavant. La région a la particularité d'avoir un bon ensoleillement hivernal comme beaucoup de zones montagneuses mais un ensoleillement médiocre en été, parmi les plus faibles en France. Les totaux annuels évoluent entre 1850 et 1950 h environ.

3/ Plaines intérieures du sud-ouest :

Cette vaste zone correspond à un régime océanique dégradé où l'influence océanique devient moins sensible bien qu'elle reste dominante dans le régime de temps global. Cette dégradation de l'océanicité offre à la région un climat plus homogène dans le temps comme dans l'espace par rapport à l'ouest de l'Aquitaine. Seule se distingue la vallée de la Garonne qui connaît des brouillards très fréquents et des coups de chaud assez intenses (par effet de cuvette).

Il s'agit de la région la plus vaste des moins ventées en France, surtout dans la vallée de la Garonne.

Les températures sont douces mais l'amplitude entre les saisons extrêmes est plus importante. Les coups de chaud estivaux sont courants et les froids hivernaux, bien que restant occasionnels comme dans tout le sud-ouest, sont plus réguliers et durables, l'influence océanique ne pénétrant pas systématiquement jusque là. La neige y est donc nettement plus courante bien que les épaisseurs ne soient pas forcément plus importantes en raison de précipitations de plus faible intensité.

La pluviométrie est très homogène géographiquement et dans la moyenne de la plupart des plaines en France, évoluant globalement entre 700 et 800 mm. Le régime annuel est lui aussi assez homogène avec un minimum estival à peine sensible en raison d'orages fréquents et quasiment aucun maximum automnal ou hivernal, les perturbations océaniques y arrivant largement diminuées. La saison la plus humide est finalement le printemps comme sur le piémont pyrénéen plus au sud.

L'ensoleillement est lui aussi homogène, entre 1900 et 2000 h et n'évoluant pas spécialement selon que l'on se déplace vers le nord, le sud, l'est ou l'ouest.

4/ Plaines du Centre-Ouest :

La situation climatologique n'est pas très différente des plaines du sud-ouest car nous sommes ici toujours concerné par un climat océanique dégradé. Les températures connaissent à peu près les mêmes variations saisonnières à la différence près que les étés y sont graduellement moins chauds à mesure qu'on va vers le nord. Les précipitations sont là aussi moyennes, entre 700 et 800 mm avec cependant un minimum estival plus marqué (orages moins fréquents en moyenne) et un maximum printanier nettement diminué. L'ensoleillement est relativement important, aux environs de 2000 h annuelles.

5/ Piémont ouest du Massif Central :

Bien que nous soyons là aussi dans un régime océanique dégradé, la situation de piémont - très progressif – offre certaines particularités par rapport aux plaines plus à l'ouest. Les températures moyennes sont les plus froides du sud-ouest et ce en toutes saisons. Les hivers étant plus froids la neige y est relativement régulière, bien que pas systématique (le sud-ouest n'est quand même pas une région de prédilection pour ça). Les étés y sont agréables sans être chauds globalement.

Les précipitations deviennent plus abondantes comme dans toute région de piémont, d'autant plus ici que les perturbations océaniques arrivent à peine diminuées et ont donc tendance à se renforcer sur les premiers petits reliefs présents. L'ensoleillement reste assez correct bien que moins important que plus à l'ouest, entre 1900 et 2000 h.

6/ Plaine toulousaine :

Cette zone possède un régime assez particulier du fait de sa plus grande proximité avec des influences méditerranéennes qui altèrent l'aspect océanique du climat. C'est également le domaine de l'Autan, vent de sud-est amenant de la douceur en toutes saisons et permettant des températures nocturnes élevées, après s'être en partie asséché au cours de sa traversée sur l'Aude. A noter que son caractère adoucissant varie en partie selon la température de la Méditerranée d'où il provient.

Les températures moyennes et les variations saisonnières sont sensiblement les mêmes que dans le reste des plaines du sud-ouest, légèrement plus élevées, mais ce n'est pas le critère marquant. Les étés sont relativement chauds et les hivers plutôt frais (mais restant doux à l'échelle de la France).

La pluviométrie atteint son minimum dans le sud-ouest avec autour de 600 mm annuels et possède la même répartition saisonnière que le reste des plaines intérieures du sud-ouest.

L'ensoleillement est relativement élevé, entre 2000 et 2100 h annuelles.

 

Sources (données chiffrées) : moyennes 1981-2010, Météo-France & LaMétéo.org 

Remerciements à : Astrid NEVEU 

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